La Grande Maison
des Barnabites




N'ayant plus de toit après le ravage causé par Bernois, Français et Genevois, les moines vivent alors dans les maisons avoisinantes.
Sous l'impulsion de François de Sales - futur saint - une nouvelle communauté religieuse s'installe à Contamine : Les Clercs réguliers de Saint Paul appelés communément Barnabites.
La bulle du pape Urbain VIII confirmant leur remplacement par les nouveaux religieux, est lue aux Clunisiens, le 7 octobre 1625, sur le cimetière devant l'église.
De suite, la nouvelle communauté fait construire de nouveaux bâtiments, sur de magnifiques caves voûtées, avec une tour au centre de la façade (escalier).
En 1625, Louis Jovard accepte le prix-fait (devis) pour crépir le nouveau couvent. En 1629, un maçon originaire de la Val Sésia est chargé de la construction du mur d'enceinte que nous distinguons encore aujourd'hui, ainsi qu'un bel escalier permettant de sortir de l'enclos vers un point d'eau.
Au bas de l'escalier, existe un bassin et une belle arrivée d'eau en "rocailles", ayant peut-être servi de vivier.
Avant la Révolution (1764 ?) les Barnabites construisent les deux étages inférieurs de l'aile du bâtiment sud-ouest, enserrant ainsi la chapelle Notre-Dame du Suffrage bâtie en 1677.
Si l'on observe la façade sud du corps du bâtiment dans lequel se trouve la chapelle, on peut voir un arrachement avec piédroit et système de voûtement en plein cintre, qui indique qu'il y avait là un passage orienté nord-sud, aujourd'hui obturé par un bouchon dans lequel a été placé une fenêtre en molasse. Ce large passage pouvait laisser circuler chevaux et chars. Il conduisait directement à l'entrée de la chapelle et communiquait avec un autre passage orienté est-ouest. Ce dernier (peut-être créé en 1764) prenait naissance dans une petite cour intérieure à l'est.
Le troisième étage sera élevé par les fabricants de cotonnades en 1821.
Des réparations ou destinations de pièces ont été réalisées par les Rédemptoristes, et ensuite par l'Ecole d'Agriculture.
Ces bâtiments sont désaffectés depuis 1979.

Le 22 avril 1625, la "Grande Maison" étant achevée, le maçon contaminois Louis Jovard accepte le prix-fait (devis) pour la crépir.
Le 23 janvier 1629, Dom Bouvier donne un autre prix-fait à Antoine Gojon pour construire une muraille "depuis l'habitation de Jean de Lucinge jusqu'au curtil de la cure…".Le 20 mars 1633, les deux maçons précédents acceptent le prix-fait pour le mur d'enceinte et le couvert de l'église.
Avec l'usufruit de la Maison de Contamine, les Clercs Réguliers de Saint Paul appelés communément Barnabites, héritèrent des charges dues par l'ancienne communauté, comme notamment l'entretien de deux prêtres à Contamine, un à Saint Nicolas de Véroce, un aux Gets, le payement des prébendes aux moines.
Les aumônes leur incombaient également. Les jours de fêtes, ils distribuaient pain, fromage et fèves cuites aux enfants de la commune qui se présentaient aux portes du couvent. De plus, chaque accouchée habitant la paroisse, avait droit à 3 quarts de froment, 42 pots de vin blanc et une somme de 10 sols ½.
A proximité de la "Grande Maison":Notre Dame du Suffrage bâtie peut-être en 1677.
En 1699, gros émoi à Contamine et dans les communes avoisinantes : c'était la vente aux enchères de tout le mandement de Faucigny par son Altesse Royale.
Munis d'emprunts considérables et de leurs épargnes, les conseillers firent rédiger par le notaire Dupraz, une procuration pour miser à Chambéry les terres de Contamine. La vente devant concerner le mandement tout entier et en bloc, ils furent écartés par le fait qu'ils ne misaient que leur commune.
L'acquisition fut faite par les Barnabites, pour 40 000 florins "avec tout ce qui dépend dudit mandement, tous les droits et revenus d'iceux, consistant en fiefs, emphytéose, domaine direct, censes, dîmes, laods et rentes, hommes, hommages, corvées, suffertes commises et escheutes, ventes, clames, bâtiments, places, terres, prés, bois, vignes et forêts, péages, pasquéages, chemins, droits de chasse, pêche, cours des eaux, moulins ou droit d'en bâtir avec autres édifices… avec pouvoir d'ériger patibulaires et piloris et généralement tous les droits qui nous appartiennent, paroisses, hameaux et dépendances... Leur seront remis tous titres, documents, terriers et écritures concernant ledit mandement… une messe fondée chaque mercredi, jour de l'heureuse naissance du prince du Piémont".
Pour pouvoir entrer en possession de ces biens, les procureurs des Barnabites firent le voyage de Turin et durent ajouter au prix convenu la somme de 12 000 florins et une seconde messe perpétuelle pour la famille royale.
Les lettres d'entérinement porte la date du 20 novembre 1700.
Aussitôt en possession de la seigneurie et mandement de Faucigny, les religieux revendirent une partie de ces biens : Marcellaz et Arpigny aux nobles Guillaume et Simon de Seyssel, Peillonnex à François Marie de Compeys…
Le Père Bouchage pense que c'est probablement à cette époque qu'ils firent ériger le maître autel et le retable qui se trouvent contre la fenêtre principale (actuellement bouchée) de l'église.
En 1765, lors de sa visite pastorale, Monseigneur Biord, enjoignit à qui de droit de réparer la clôture du cimetière et d'en fermer l'entrée. Les paroissiens répondirent qu'ils étaient en instance au Sénat pour mettre ce chef à la charge des Barnabites, le cimetière étant cadastré au nom de leur maison, et qu'ils n'avaient que la faculté de s'y faire enterrer. Ce qu'ayant accepté, le prévôt des Barnabites se charge de la maintenir à perpétuité.
Durant leurs 170 ans de présence à Contamine, les Barnabites ont intenté un nombre impressionnant de procès.

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