Bulletin Nr 8
Juillet 2000

Lettre aux amis de la Grande Maison :

Il y a un an, dans ce même petit journal, je me posais la question de savoir s’il fallait ou non engager une procédure judiciaire qui semblait être le seul moyen de défendre le Prieuré de Contamine.

Alors que les « Amis de la Grande Maison » et la Région vont trouver ces jours prochains un terrain d’entente, sinon de compromis, une autre question surgit.

Pourquoi a-t-il fallu déployer tant d’énergies ? Fallait-il que tant d’incompréhensions parfois haineuses ou idiotes surgissent, comme si au fond, le dialogue ne devait pas rester le maître mot de la situation. Est-ce que toute action, toute décision ne devrait pas trouver son creuset dans un dialogue de société !

Nos décideurs politiques ou économiques se comptent quelquefois comme les détenteurs ou les propriétaires du bien commun.

De démocratie, nous n’en avons trop souvent  que l’apparence et le peuple souverain démissionne, alors le laisser-faire devient insupportable parce-que les intérêts particuliers l’emportent.

Les Amis de la Grande Maison ont réagi sûrs et certains qu’il fallait préserver ce patrimoine contaminois que représente l’ancien prieuré, sûrs et certains qu’il fallait sauver cette chapelle et ses fresques qui sont l’unique témoignage en art religieux au 17ème siècle, en Vallée d’Arve.

Et bien, soyons fiers d’avoir soustrait aux coups de bulldozer ce qui demain fera la fierté des Contaminois.

Nous ne pouvions pas, en conscience, nous taire. En d’autres circonstances, on appellerait cela de la lâcheté.

Pourtant, il faudra que nous soyons crédibles pour convaincre du bien fondé de notre action, cette crédibilité est vierge de tout intérêt financier ou électoral, et la seule sincérité  est la volonté de mener à bien une magnifique restauration de ce patrimoine.

Rester crédible dans notre environnement, ce sera accepter que d’autres puissent penser autrement ; finalement convaincre ne sera pas une victoire, mais accepter qu’un projet peut être partagé par le plus grand nombre pour le bien commun.

Pour conclure je dirais, gardons fermeté avec nos choix, défendons ce que nous croyons être défendu. Peut-être qu’un jour ou l’autre, on nous rendra justice.

Au Congrès des Sociétés Savantes de Savoie, à Moutiers, dont le thème est « la Savoie dans l’Europe », je présenterai, pour les « Amis de la Grande Maison » une communication sur nos relations entre la Savoie et le Pays de Galles. Voilà un sujet que nous avons développé à Beaumaris . Quelle belle aventure, nous avions vécu cet été 1996.

Je souhaite à tous de bonnes vacances et déjà, notre groupe de théâtre se prépare à monter sur les planches aux prochaines vendanges.

Encore une belle soirée en perspective.

Michel Pessey

Orgevat :

Le samedi 8 avril 2000, des membres de l’association « la Bougeotte », de Saint-Jean et des « Amis de la Grande Maison », visitaient à nouveau Orgevat et émettaient le désir de reconstruire bénévolement le Chemin de Croix édifié autrefois par les Barnabites, de Contamine.

Des pans de murs, des arbres et arbustes, des plantes vivaces  jadis cultivés ici, rappellent que des femmes, des hommes, des enfants ont vécu ici, ont souffert, ont été heureux.

Ce fut un après-midi ensoleillé, merveilleux, émouvant où passé, présent et futur se confondaient.

Si vous acceptez de nettoyer le site le 17 juin prochain, si vous désirez fabriquer une croix, manifestez-vous.

Autrefois, les moulins de la Perrine :

Avril 2000 : Hélène, Roger et moi avons battu la campagne à la recherche des vestiges des moulins. Nous pouvons suivre le tracé du bief, la trace des étangs, quelques ruines…

Nous serions reconnaissants de trouver des documents, des photos des moulins de La Perrine ou du moulin à huile de Pouilly (Chez Gorin).

Tuilerie, carrières et scierie à tuf :

Nous aimerions avoir des renseignements sur :

                                                                                                                                                                 - La tuilerie, au bord de l’Arve au niveau  de la Grangeat.

- Des carrières de pierres ont fonctionné à Chantemerle (La Perrine), au-dessus du chef-lieu

(celle-ci a fourni pierres et graviers pour la construction, notamment du Pont de Bellecombe)

La mairie a été bâtie avec graviers et pierres extraits d’une carrière appartenant à Chatrier.

-             Une scierie à tuf située approximativement au-dessus du chemin de chez Barban.

Réunions mensuelles :

Dans le cadre de nos réunions mensuelles où chacun de nous, peut – lorsque l’ordre du jour est épuisé -  exposer une communication sur une lecture, un personnage, un bâtiment, une page d’histoire. Le choix est illimité et indéfini, mais jamais polémique ou sujet à controverse, bien sûr.

Laurence  présentait un film vidéo émouvant sur l’usine du Giffre et Mireille nous parlait des « bisses », ces canaux d’irrigation propres au Haut Valais.

 Aventure industrielle d’une vallée, le Giffre, 1897-1993 :

Le Giffre est une rivière qui va prêter son nom à une usine pendant 100 ans.

1897 : la révolution industrielle bat son plein et pénètre dans cette vallée alpine où l’on transforme des tourbillons d’eau en étincelles de feu capables de fondre des minerais venus du monde entier. En quelques années, le monde rural s’ouvre au progrès technique et se tourne vers la vie ouvrière.

Ce film raconte l’histoire de ces ouvriers paysans, immigrés, ingénieurs et directeurs qui ont fait battre le cœur de l’usine pendant près d’un siècle.

Ils parlent de labeur, de chaleur, de poussière, de fierté… de la vie qui fourmillait autour de l’ »Usine du Giffre ».

Les canaux dans la montagne : les « bisses » :

Jadis, les habitants de la Haute Vallée du Rhône, dans le Valais ont creusé dans la montagne de gigantesques canaux pour irriguer leurs champs protégés des pluies.

On compte jusqu’à 200 bisses, soit 2000 kilomètres de canalisation. Les premiers témoignages sur les bisses datent du XII° siècle, mais il est probable qu’ils existaient depuis longtemps, car la lutte pour la maîtrise de l’eau remonte dès le début de l’agriculture. Ce n’est d’ailleurs pas le privilège des Valaisans, d’autres montagnards du globe ayant utilisé cette méthode.

 C’étaient souvent des condamnés à mort qu’on envoyait à l’œuvre sur ces chantiers périlleux : travail d’Hercule, sans dynamite, sans connaissance scientifique digne des grands architectes.

Le bisse est fragile, la montagne ayant tôt fait de l’obstruer ou de le briser. C’est pourquoi un gardien est nommé pour surveiller les méfaits de la nature.

Chaque année, les habitants des villages concernés par ce type d’irrigation achètent des « heures d’eau ». Chacun est averti par voie d’affichage. Des volontaires sont chargés de nettoyer les bisses à la sortie de l’hiver.

Ce savoir-faire a failli disparaître, avec l’arrivée de l’eau courante, mais il a fallu une grande sécheresse, en 1946, pour que le Grand Conseil vote un budget pour sauver les bisses (trois millions de francs suisses).

Grâce au tourisme, les bisses profitent d’une seconde jeunesse. En effet, contrairement aux sentiers de montagne qui grimpent durement parfois, les bisses sont très accessibles par tous, ses pentes étant douces.

De plus, la flore est abondante et la fraîcheur est au rendez-vous.

Les professionnels du tourisme proposent des visites à thèmes autour des bisses, contribuant à valoriser ce patrimoine historique.

Quelques bisses :

-          Bisse de Vex (1453) à Veysenaz.

-          Bisse de Zittoret à Crans Montana.

-          Bisse de Lens à Crans Montana. Bisse de Saxon à Nendaz.

Bibliographie :

-          Trésors de mon Pays – Bataille pour l’eau par Clément Bérard.

-          La lutte pour l’eau en Valais par Ignace Marietan – éditions du Griffon.

Fête médiévale à Bonneville,

Le samedi 8 juillet 2000, organisée par les « Amis du Château et de la Bonne Ville.

De notre part : confection de beignets, Colette filait la laine avec son rouet, Mireille rempaillait des sièges.

Falquet Joseph et Jérémie, peintres, originaires de Trolaz :

A la mairie, un tableau signé Joseph Falquet représentant l’église de Contamine entouré des vieilles tombes et des cyprès de l’ancien cimetière. Il a été offert à la commune, en 1985, par un ancien prêtre, Monsieur Marquis, fondateur de la colonie de vacances Sainte Clotilde.

Une carte postale représentant la reconstitution du château de Faucigny est signée également Falquet.

Si vous avez des renseignements sur ce peintre, sur son frère Jérémie, sur la colonie Sainte Clotilde, appelé aussi « la Jonquille », merci de bien vouloir nous les transmettre.

Jean-François Vuy, guillotiné à Lyon :

Relevé par Bernard Raymond dans les « Rameaux Savoisiens » se référant au « Journal des Guillotinés », n° 4, octobre 1989 :

Vuy Jean François, 54 ans, ex-administrateur du département de l’Ain, condamné à mort comme contre révolutionnaire, le 26 pluviôse an 2, avec 14 nobles et prêtres.

Son frère  Claude François Vuy 1751-1813, propriétaire du château de Villy, fut syndic de Contamine.

Historien reconnu, Jules Vuy son fils, écrivit de nombreux  ouvrages, dont « la vie de Madame de Charmoisy ».

Nous n’avons jamais été italiens :

Tout peuple est fier de ses racines, comme les savoisiens le seraient également si l’histoire établissait que, à un moment ou à un autre, ils avaient été italiens.

Or, cela est impossible, puisque l’Italie comme Etat, date de 1861, alors que nous sommes français depuis 1860. L’Italie s’est construite en regroupant les petits pays qui composaient la péninsule. Ce fut en compensation de l’aide apportée par Napoléon III, que le roi de Sardaigne-Piémont, Victor-Emmanuel II céda la Savoie et le Comté de Nice à la France.

Les descendants de nos comtes et ducs de Savoie, étaient rois de Sardaigne, princes de Piémont, puis de 1861 à 1946, rois d’Italie.

Ils portaient également le titre de « rois de Chypre et de Jérusalem ». On ne peut prétendre que nous soyons Cypriotes ou Palestiniens !

Au XVéme siècle, le Duché de Savoie s’étendait du Jura et de la Bresse au Piémont et à la Méditerranée. Les habitants de ces contrées étaient donc Savoyards !

Puis la Province ne cessa de s’affaiblir.

Néanmoins, ses terres chevauchaient le Grand Massif, débordant de chaque côté et comprenaient pareillement le Comté de Nice.

En 1563, le duc Emmanuel Philibert transféra la capitale des Etats de Savoie de Chambéry à Turin.

Au traité d’Utrech, en 1713, Victor Amédée II reçut la couronne de Sicile qu’il échangea, en 1718, contre la Sardaigne, d’où les appellations « Royaume de Sardaigne » et « Etats Sardes ».

Les ducs de Savoie et leur suite se déplaçaient très souvent, logeant à Turin, Chambéry, Thonon, Rumilly, puis se fixèrent à Turin.

Victor-Emmanuel II, dernier souverain ayant régné sur la Savoie jusqu’en 1860, devint roi d’Italie en 1861. Sa capitale était Turin d’abord, puis Florence en 1861, et définitivement Rome en 1870.

De langue et de civilisation française, notre province eut sa destinée associée à celle de la dynastie qui développa son action en partie en terre piémontaise.

Concrètement, les Savoisiens parlaient le français et le patois, issu du franco-provençal ; les notaires, secrétaires, chroniqueurs rédigeaient leurs manuscrits en latin, puis en français.

En Suisse, on parle allemand, français, italien, romanche et pourtant les habitants de la Confédération Helvétique ne sont ni allemands, ni français, ni italiens.

Il en était de même en Savoie, où à l’ouest du Massif Alpin, on pratiquait la langue française et à l’est, l’italien, tout en appartenant à la même nation.

La vérité historique veut que les Italiens soient nos amis, parfois nos parents, nos cousins, et non nos ancêtres.

Andrée Blanc


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